Changer de métier pour retrouver du sens. En 2023, Jérémy Ledrich a ouvert son agence O2 Care Services Nancy Est après un parcours dans un univers très éloigné des services à la personne. Avant cela, il travaillait comme cadre commercial dans le secteur du BTP, dans l’électroportatif. Un changement radical en apparence, mais une évolution mûrie de longue date.
« Depuis que je suis tout petit, j’ai envie de devenir entrepreneur », raconte-t-il. Cette envie ancienne a grandi avec les années, nourrie par le désir de construire un projet à son image, de porter ses propres valeurs et de faire quelque chose « pour soi et pour les autres ». Longtemps, pourtant, la vie professionnelle et familiale a repoussé le passage à l’acte. Puis un jour, il a fallu trancher. Une évolution qui ne se fait pas dans son ancien poste, une lassitude croissante, des semaines de 50 à 60 heures déjà bien installées, et une conviction : « autant que je le fasse pour moi ».
Service personne Nancy Est : une reconversion portée par les valeurs humaines
S’il choisit le secteur des services à la personne, ce n’est pas par hasard. Jérémy Ledrich cherchait un métier plus proche de l’humain. C’est précisément ce qu’il ne retrouvait plus dans son quotidien de salarié. Il explique avoir mené une étude de marché et être arrivé à une conclusion simple : il y avait, selon lui, « quelque chose à faire » dans ce secteur, à la fois pour les salariés et pour les clients.
Le choix d’O2 s’est imposé pour plusieurs raisons. D’abord pour les valeurs portées par le réseau. Ensuite pour la solidité du modèle. La franchise lui apporte une notoriété, une image, mais aussi un cadre structurant sur des sujets qu’il juge essentiels dans ce métier : le juridique et le social. « Je n’étais pas forcément formé là-dessus à la base », reconnaît-il. Rejoindre un réseau lui a donc permis de se lancer avec une base solide.
Service personne Nancy Est : une agence qui veut faire autrement
À l’ouverture, en 2023, l’agence démarre avec une assistante et quatre personnes. Aujourd’hui, trois ans après, elle compte 17 salariés. L’entreprise propose principalement du ménage-repassage, de la garde d’enfants et, depuis un an, du ménage professionnel dans les petits bureaux.
La clientèle visée est bien identifiée : des actifs, souvent entre 30 et 55 ans, qui manquent de temps, ont parfois des horaires atypiques, ou ont besoin d’une solution fiable pour la garde d’enfants, y compris en soirée. L’agence dispose aussi de l’agrément pour les enfants de moins de 3 ans, obtenu environ six mois après son lancement.
Mais pour Jérémy Ledrich, l’essentiel n’est pas seulement dans l’offre. Il insiste sur la manière de travailler. « Je n’ai pas voulu faire forcément une énième société de service à la personne. » Son ambition est d’apporter autre chose, à la fois aux clients et aux salariés.
Cela passe d’abord par le recrutement. L’agence mise avant tout sur le savoir-être. Les compétences comptent, mais elles peuvent se construire. Le savoir-être, lui, est plus difficile à transmettre. Les candidats passent des tests, un échange de préqualification, un entretien, puis une période d’immersion d’une semaine avec France Travail. Ce temps permet de vérifier que le métier leur plaît réellement et qu’ils adhèrent aux valeurs de l’entreprise.
Service personne Nancy Est : fidéliser par l’écoute et l’adaptation
Dans un secteur réputé exigeant, la fidélisation est un enjeu majeur. Là encore, Jérémy Ledrich revendique une approche très concrète. Il cherche à être proche de ses équipes, à leur offrir de bonnes conditions de travail et à maintenir un lien régulier. Il a mis en place des titres-restaurant, de l’épargne salariale et a récemment investi dans des locaux plus grands pour permettre aux salariés de venir à l’agence entre deux missions, faire une pause ou simplement échanger.
Le suivi est constant. Le premier soir après l’embauche, les salariés sont appelés. Un nouveau point est fait en fin de semaine, puis presque chaque mois jusqu’à la fin de la période d’essai. Côté clients, l’agence appelle après deux prestations, puis réalise un contrôle qualité de terrain après quatre interventions.
Une histoire l’a particulièrement marqué. Celle d’une salariée, seule avec cinq enfants, qui pensait devoir arrêter après deux semaines, submergée par la charge mentale. Plutôt que de la laisser partir, il a pris le temps d’échanger avec elle, de comprendre sa situation, puis de réorganiser son planning pour l’adapter à ses contraintes familiales. Aujourd’hui, elle est toujours dans l’entreprise et son volume de travail augmente progressivement. Pour lui, cet exemple résume ce qu’il voulait construire : un fonctionnement au cas par cas, fondé sur l’écoute et l’adaptation.
À La Porte Verte, un engagement cohérent avec sa vision
Implanté à Saint-Max, Jérémy Ledrich évolue à proximité immédiate du territoire de La Porte Verte. C’est aussi cette cohérence géographique et humaine qui l’a conduit à rejoindre l’association. Il y a trouvé une structure « vivante », « bien cadrée », avec des ateliers et des sujets qu’il juge intéressants. Dans un territoire qui rassemble plus de 100 entreprises adhérentes sur environ 300 présentes, La Porte Verte joue un rôle fédérateur reconnu .
Pour la suite, le dirigeant veut continuer à développer son activité, renforcer son équipe au bureau, travailler davantage sur la santé au travail et la marque employeur, étendre à terme son secteur géographique, et peut-être ouvrir un jour d’autres services, notamment autour du jardin.
Sa ligne, elle, reste inchangée. Il la résume en une phrase : « On peut être exigeant sans cesser d’être humain. » Tout l’esprit de son entreprise tient là.

